Casablanca, le 3 décembre 2025 – « La République centrafricaine s’engage clairement, à travers son Plan National de Développement, devant le monde entier à s’engager dans une transformation ambitieuse et durable », a affirmé Cheick Kanté, directeur de la division de la Banque mondiale pour la République centrafricaine, lors de son discours à la table ronde sur l’investissement à Casablanca. « La vision est claire : diversifier l’économie, renforcer le secteur secondaire et créer une nouvelle dynamique qui servira de base à la paix et à la prospérité. Il faut développer des chaînes de valeur solides dans l’agro-industrie, la sylviculture et l’exploitation minière, non pas sous forme de projets isolés, mais comme des écosystèmes économiques à part entière. »
Ses remarques ont résumé le message central de la session : le Plan national de développement ne représente pas simplement un nouveau cycle politique, mais une rupture stratégique avec les approches passées, qui se concentraient exclusivement sur la stabilisation et les interventions d’urgence. Au contraire, la RCA signale son intention de construire une économie inclusive, durable, résiliente et tirée par un secteur privé dynamique.
Un nouveau modèle de transformation économique
S’appuyant sur les discussions de la table ronde, M. Kanté a souligné que la transformation de la RCA dépendra de la modernisation des systèmes de production, de la valorisation des produits locaux et de la création de chaînes de valeur solides, ancrées dans les atouts naturels du pays. Les secteurs de l’agro-industrie, de la sylviculture et de l’exploitation minière, longtemps considérés comme à fort potentiel, doivent évoluer vers des écosystèmes pleinement intégrés, capables de générer des emplois, des exportations et une croissance à long terme.
Il a souligné que cette transition ne pourra aboutir que grâce à des réformes fiscales et budgétaires profondes, à une dépense publique plus efficace, à un renforcement de l’administration douanière et fiscale, et à une gouvernance transparente et responsable. Ces réformes, déjà en cours avec le soutien du FMI et de la Banque mondiale, créent les conditions nécessaires au rétablissement de la confiance internationale et à la poursuite des investissements.
Le capital humain au centre
M. Kanté a souligné qu’aucune transformation structurelle n’est possible sans investir dans le capital humain. L’élargissement de l’accès à l’éducation, le renforcement du système de santé et la mise en place de mécanismes de protection sociale efficaces sont autant d’éléments essentiels pour libérer le potentiel des jeunes de la RCA et garantir une croissance future équitable et inclusive.
Il a salué les dirigeants politiques présents à la session, soulignant que la participation du président et du Premier ministre témoignait d’un engagement national ferme en faveur du développement et des réformes.
Un appel à investir dans l’avenir de la RCA
Selon M. Kanté, le succès de cette nouvelle vision dépendra désormais d’un environnement calme et coopératif qui unira le gouvernement, le secteur privé, la société civile et les partenaires internationaux autour d’un programme commun. Les partenariats public-privé, une plus grande intégration des PME locales et une connectivité régionale renforcée, grâce à des corridors et des passerelles commerciales, serviront tous d’accélérateurs du changement structurel.
« La République centrafricaine a montré au cours de ces deux jours qu’elle était prête : elle a la vision, la stratégie et la volonté politique. Il est maintenant temps d’investir dans son avenir », a conclu M. Kanté, invitant les partenaires à se joindre au pays pour passer de l’aspiration à la réalité et faire de la République centrafricaine la nouvelle réussite du continent africain.
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